SNOW THERAPY nous fait découvrir les vacances d'une famille suédoise riche à la montagne, jusque là rien de spécial. Ce qui va tout faire basculer, c'est un repas durant lequel cette famille va assister à une avalanche contrôlée (mais pas trop). Aucun dégât physique ni matériel, le seul problème dans l'histoire c'est Tomas : le père de famille filmait la scène et quand l'avalanche s'est trop approchée, il a fuit au lieu de penser aux enfants et à sa femme.
Ainsi, tout le film montrera comment un événement aussi banal que celui-ci peut changer la vie d'un couple ou même la personnalité de quelqu'un. Tomas niera pendant tout le film et Ebba, sa femme, commence à se poser des questions à son sujet et si elle a vraiment sa place à ses côtés tant il essaie de mentir. Les enfants ne comprennent pas ce qui se passe et sont encore plus difficiles que les parents…
Aussi complexe soit-il, ce film vous montrera des scènes inconfortables pour les personnages et vous en rirez, aussi bizarre que cela puisse vous paraître. C'est ce côté humain et même parfois "ridicule" de ce couple fragile qui vous fera bien rire : Ebba tente à tout prix de lui faire avouer qu'il a fuit, au point de demander leur avis aux gens qui dînent avec eux, et Tomas niera en bloc sous prétexte que ce n'est pas sa version des faits.
Sauf que le film a tout de même quelque chose qui m'a gêné : de très belles scènes mais parfois trop longues. Je peux encore comprendre certains vides qui sont laissés dans le film ou en fin de scène pour expliquer que le moment ne se finit pas directement. Mais sur tout le film, ça en devient un petit peu pesant, surtout si vous n'accrochez pas à l'histoire.
En plus des scènes longues et des longs vides (qui laissent place à de très belles vues, les décors de montagnes sont parfaits), le réalisateur montre qu'il fait son propre travail sans avoir à copier d'autres films. Et le fait que l'intrigue mettre du temps à prendre, c'est un certain style mais pour certaines personnes, c'est un point qui va refroidir.
SNOW THERAPY est donc une belle surprise, plus intéressant que son synopsis mais un peu long et lent à démarrer. Il faudra vraiment être patient (ou accrocher à l'histoire). Visuellement très beau et dans un esprit qui laisse matière à réfléchir, ce sera sûrement Johannes Bah Kuhnke qui retiendra le plus votre attention pour son rôle et la façon qu'il a de jouer le rôle d'un homme pathétique.
Masterclass
Quelques mots de Ruben Ôstlund (le réalisateur) et Johannes Bah Kuhnke (Tomas), l'acteur principal.
Ruben Ôstlund filmait entre ses 12-25 ans lorsqu'il skiait (à travers l'Europe et l'Amérique du Nord) et c'est ce qui l'a poussé à devenir réalisateur. Les stations de ski modernes (durant les années 50-60) ont attiré sont attention. Pour la petite histoire, c'est environ 300 000 lits en France pour explorer de manière économique et touristique les lieux. Ces promoteurs ont imaginé quelque chose de très urbain, même mono-nucléaire pour même contrôler la façon dont tout était construit et la façon d'y vivre : l'Homme qui essaie de contrôler la nature (avec les chutes d'avalanches contrôlées quand il manque un peu de neige, par exemple). C'est l'architecte Charlotte Perriand qui s'est occupé du design : il y avait une idée de cuisine ouverte, de manière à faire en sorte que la mère cuisine et le père et les enfants aillent skier.
Du kitch, une famille riche… Rien de bien spécial pour créer une histoire. Ce qui est bien, c'est le fait qu'il n'y a pas vraiment de catastrophe, l'avalanche est là sans pour autant qu'il n'y ait de problème ou dégât. C'est juste un problème de presque-catastrophe dans cette famille riche qui va être bouleversée.
Des amis ont connu une situation similaire, lors d'un braquage. Alors que la femme était dans les vestiaires, l'homme a fuit derrière les caisses. Une fois l'événement passé, elle l'a questionné et il a répondu qu'il n'est pas un héros. Ça a duré 6 mois… Ce genre de situations fait changer la vision de son partenaire, on ressent un sentiment bizarre de déception.
J'aime cette version plus réaliste des relations qui ne sont pas forcément toujours joyeuses, contrairement à d'autres productions plus standard (ou plus américanisées). C'est une sorte de critique plus large des couples et de l'obsession constante de l'accomplissement du bonheur par le partenaire au lieu de l'accomplir par soi-même.
Vers la fin, avec le chauffeur de bus qui tue presque les touristes
Tomas qui pleure (vous connaissez sûrement cette vidéo) :
C'est surtout pour l'obsession de la présentatrice d'éviter la catastrophe à tout prix :