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Personne ne revient de la guerre !
Abdoulaye B. 11 juillet 2022 12:24

L'histoire prend place en Angola et nous emmène auprès de trois générations de femmes qui ont vécu la guerre : il y a d'abord Lelena, qui est la grand mère, puis Nayola qui est sa fille et enfin Yara, qui est la petite fille.

N'ayant aucunes nouvelles de son mari disparu à la guerre, Nayola décide de partir à sa recherche, et le récit nous permet donc d'apercevoir le passé avec Nayola et le présent avec Yara qui est devenue une adolescente rebelle dénonçant les défauts de la société grace à la musique (le rap).

Les points positifs

  1. Les thèmes abordés

    Le film passe par différentes phases et les thèmes sont très variés, on commence avec la guerre civile de l'Angola. Pour un peu plus de contexte, elle a commencé en 1975 suite à son indépendance et a duré jusqu'en 2001, le film lui fait un saut entre 1995 et 2011 avec ses conflits internes qui ont encore plus ravagés le pays.

    On se recentre aussi sur les personnages puisqu'il est aussi question de l'abandon subit par Yara, une décision prise par sa mère qui l'a énormément impactée.

    Yara exprime souvent son désaccord avec ce qu'il se passe dans son pays, elle dénonce l'oppression que la population subit pour avoir une opinion différente et on remarque même que la liberté d'expression peut être réprimandée puisque la police refuse qu'elle distribue son CD qui est certainement remplie de vérités…

    Une société qui doit se mentir force ses habitants à porter eux-mêmes des masques pour se cacher, au sens figuré. Il est question des changements que la guerre peut causer ou des révélations qu'elle peut apporter sur le vrai visage des gens.

    Nayola et Yara ont chacune leur propre traumatisme, que ce soit par la guerre ou l'abandon, elles les subissent toutes les deux mais sans vraiment y faire face.

  2. L'animation

    En temps normal, je ne suis pas spécialement friand de ce type d'animation mais pour ce film, j'ai trouvé ça assez agréable à regarder. J'avais l'impression de voir de la peinture prendre vie.

    La narration passe par l'animation et on le voit avec un style différent selon l'époque ou l'histoire d'un personnage : plus simple griffonnée avec Nayola dans le passé mais plus détaillée avec Yara dans le présent.

    Le mélange entre l'animation 2D et 3D permet donc de montrer différentes choses et exprimer un ressenti différent.

  3. Les voyages entre les différentes temporalités et le fantastique

    L'histoire se construit petit à petit à travers des flashback sur le passé de Nayola à la guerre, avec le présent où Yara crache son opinion sur les conditions de vies de l'Angola et pour finir avec tout le côté fantastique que l'on peut voir comme une sorte de mythologie ou croyance. C'est un voyage qui ne s'arrête jamais, autant d'un point de vue visuellement linéaire que d'un point de vue scénaristique.

Les points négatifs

  1. Les dessins

    Même si l'animation et les dessins sont sympas, j'ai cette impression qu'ils rendent le film un peu trop caricatural et notamment les personnages : grosse lèvres et formes bizarre pour la grand-mère alors que les deux autres femmes ont des traits plus ou moins normaux.

Conclusion

Nayola est surtout un film qu'il faut voir pour son histoire générationnelle et sa critique des répercussions d'une guerre non seulement sur un pays mais aussi sur une famille et sur les individus.

En faisant le pont entre 3 générations, on voit clairement comment les points de vue et les enjeux évoluent, personnellement ou politiquement. Les convictions de chacune des 3 femmes ne sont pas totalement les mêmes mais elles ont un point en commun : tout change en un seul instant.

Le film a été présenté lors du Festival d'Annecy 2022.


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